Mais qu'est-ce qu'on nous chante?
















Le 28 janvier 2008, Le Figaro publiait le palmarès des 10 chanteurs les mieux payés en 2007. En tête, Michel Polnareff (5,71 millions d’euros), champion d’un retour sur scène ayant réuni 600 000 spectateurs ! Sur la deuxième marche : Johnny Hallyday (3,02), dont la fin du « Flash Back Tour » regroupa 100 000 fans, avant qu’il n’écoule en deux mois 400 000 exemplaires de son album Le Cœur d’un homme. Médaille de bronze : Yannick Noah (2,30), récompensé pour s’être produit 150 soirs dans l’année et avoir vendu 500 000 Charango
Voilà pour le podium de ce hit-parade dont le dernier lauréat, Francis Cabrel, doit se contenter de 900 000 euros, une somme rondelette quand on n’a publié qu’un best-of de ses œuvres (L’Essentiel 1977-2007) écoulé "sans bruit" à 160 000 unités. Une question cependant : quid de Renaud, de Bruel ? Sans parler des DVD dont le succès frôle, voire dépasse celui des enregistrements en public, le premier a vendu, en 2007, 263 000 CD, dont 70 000 Rouge-Sang (9 chanteurs sur 10 se contenteraient d’un tel résultat…) et 31 000 exemplaires du double album de la Tournée Rouge-Sang (en six semaines seulement), quand le second trouvait encore 52 000 acheteurs pour Des souvenirs devant et 40.000 pour le disque live Des souvenirs ensemble. Car Renaud et Bruel ont effectué des tournées triomphales, faites de Bercy et de Zéniths pleins à craquer (536 000 entrées payantes pour le Chanteur énervant), tournées qui auraient dû, logiquement, les pousser haut dans le classement, au-dessus d’un Francis Cabrel notamment dont l’actualité fut relativement réduite… Alors quoi ? Oubli ? Négligence ? Boycott ? Désir de les voir réagir pour mieux les humilier ensuite, genre : « Regardez l’indécence de ces mecs qui revendiquent une place parmi les plus riches, eux qui défendent les pauvres - pour l’un, et font rêver les beaufs à coups de partie de pocker - pour l’autre… »?
On savait les NRJ Awards pipés, la cérémonie des Victoires de la Musique formatée… De là à imaginer qu’un quotidien aussi sérieux que Le Figaro puisse proposer à ses lecteurs des classements mensongers…
(Pour plus de détails et de chiffres certifiés, se reporter à Platine, la revue des variétés.)

Baptiste Vignol

Ce tas de fumier qu’est l’humanité














Le 7 janvier 1954, un article du Figaro interpelle ceux qui “se réveillent dans un appartement chaud et ne savent rien du monde parce que les conditions dans lesquelles ils vivent, leurs privilèges les éloignent de la souffrance des autres.” Trois semaines plus tard, le 1er février, sur les ondes de Radio-Luxembourg, son auteur s’exclame: “Mes amis, au secours! Une femme vient de mourir…”. La voix d’Henry Grouès, dit l’abbé Pierre, réveille le cœur des Français. Il devient le porte-parole des sans-logis, ces malheureux qu’on appelait “clochards” avec du mépris sur les lèvres. « D'un bout à l'autre de la semaine,/ Sur les boulevards, dans les faubourgs,/ On les voit traîner par centaines,/ Leurs guêtres sales et leurs amours/ Dans des chemises de dix jours » (Les mômes de la cloche, 1936) chantait Berthe Sylva, vedette de l’entre deux-guerres.
À partir des années 60, la France s’enrichit. Bien que la croissance économique les rejette dans l’ombre, l’abbé continue sa croisade auprès des plus mal lotis dont la foule grossit tellement qu’au cœur des années Mitterrand, un refrain nous répète: “Aujourd’hui, on n’a plus le droit/ Ni d’avoir faim ni d’avoir froid…”. Coluche venait de créer les Restos du Cœur. Pour récolter des fonds, l’humoriste avait demandé à Jean-Jacques Goldman, faiseur de tubes s’il en est, d’en concocter un pour “tous les recalés de l’âge et du chômage/ Les privés du gâteau, les exclus du partage…”. La Chanson des Restos (1986) caracolera longtemps en tête du Top 50.
“Parler des Restos du Cœur c’est très bien, mais faudrait pas oublier l’abbé Pierre” rappelle aussitôt Coluche qui rend visite au vieil homme pour lui remettre un chèque d’1,5 millions de francs. C’est ensuite que se vulgarise un sigle créé en 1983 : SDF. Sans domicile fixe. Un euphémisme administratif pour désigner les personnes sans ressources qui, n’ayant pas de logement, mènent une vie misérable, sans hygiène, jusqu’au risque de mort.
De nombreux paroliers aiguisèrent leur plume au fusil de cet acronyme. “Serpentant des dalles fumantes/ Sandrine dévale les faubourgs/[…] Sa douce famille sera dispersée/ Fragmentée, Sans domicile fixe” (Souvenirs de femme, 1995) racontent les Nonnes Troppo dans une chanson construite autour des trois initiales, tandis que Sapho observait : “Un nom à coucher dehors/ En somme ça veut dire/ Un nom de SDF/ De mendigot, d’errant/ Un nom à mourir de froid!” (Un nom, 1996) et que François Hadji-Lazaro des Garçons Bouchers se prenait à rêver: « Si Dormir Faisait atteindre des châteaux oubliés, achever des projets ratés/[…] plutôt que de nous rendre SDF consommés » (Si Dormir Faisait, 1997).
Entre temps l’abbé Pierre avait envahi l’actualité, usant des médias avec maestria pour défendre sa cause, Emmaüs et sa Fondation. Désigné “personnalité préférée des Français” de 1989 à 2003, l’homme à la robe de bure n’attendait rien du pouvoir, il exigeait. Il n’espérait pas la pitié, mais accusait en montrant du doigt la misère et les injustices. Face à tant de sang-froid, la chanson citoyenne ne pouvait que prendre le pas. « J'aim'rais qu'çà cesse – esse – esse/ De s'dégrader – der – der/ Sans un bénef – ef – ef/ SDF » (SDF, 1998) souhaitait Allain Leprest tandis qu’Alain Souchon prévenait le quidam : « Attention piéton/ Une âme est sous les cartons/[…] Petit tas mis là/ Sans tatamis, sans matelas » (Petit tas tombé 1999)…
Le 22 janvier 2007, la mort du vieil abbé frappe au cœur les Français. La campagne présidentielle a déjà débuté, et les Enfants de Don Quichotte plantent des tentes sur le canal Saint-Martin. Les Restos du Cœur ont 20 ans, ils servent 80 millions de repas à plus de 700 000 personnes. Chaque année, 200 sans-abris meurent de froid, le nombre de SDF dépassant les 200 000. Des chiffres glaçants.
Le 18 décembre 2006, en meeting à Charlevilles-Mézières, le candidat Nicolas Sarkozy déclare à la tribune: “Si je suis élu président de la République, je veux que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid. Le droit à l'hébergement, je vais vous le dire, c'est une obligation humaine.” 363 jours plus tard, un homme périrait place de la Concorde dans l’indifférence médiatique…
La France de 2008 est plus riche que celle de l’hiver 54, et pourtant la grande pauvreté est plus criante. Un Français sur deux redoute de se retrouver un jour à la rue. 3 millions sont “mal logés”, 7 millions croupiraient sous le seuil de pauvreté. Une chanson de Francis Cabrel disait il y a dix ans: « Madame X et ses enfants/ Tout l'hiver sans chauffage/ Caravane pour des gens/ Même pas du voyage/ Et pourtant comme elle dit/ C'est pas elle la plus mal lotie/ Elle en connaît qui couchent dehors/ Dans les parages/ Quand y'a toutes ces voitures de sport/ Dans les garages… » (Madame X). Un constat toujours d’actualité, et c’en est inquiétant. « C'était un pays charmant/ Un pays comme il faut » souligne Madame X, regrettant aussitôt : « Maintenant on prend/ Quelques photos des mourants/ Au lieu de leur » venir en aide. Et le chanteur de préciser : « Elle dit pas ça méchamment/ Pour l'instant ». Pour l’instant…
L’abbé Pierre aimait, disait-il, « voir fleurir avec éblouissement la petite fleur sur ce tas de fumier qu’est l’humanité. » Pourvu que nos dirigeants, ceux qui promettent le « Zéro SDF » - un objectif lancé jadis par Lionel Jospin, tiennent leurs engagements, sans quoi la vermine pourrait bien déserter les ponts, les porches et les abris-bus pour infester les beaux quartiers où pullulent les pied-à-terre (ou autres logements vides...) et s’en octroyer d’impériaux à la mode du « Ah ! Ça ira.»

Baptiste Vignol

C’que c’est beau la photographie















" C'que c'est beau la photographie / Les souvenirs sur papier glacé / Pas d'raison pour qu'on les oublie / Les beaux yeux, les beaux jours passés " (C'que c'est beau la photographie, Les Frères Jacques). La photo a longtemps profité d'une estime justifiée parce qu'elle nécessitait réglages et doigté. Puis vint l'heure du polaroïd, et la vulgarisation de l'instantané. Un procédé idéal pour épater ses amis, éblouir grand-mère et s'essayer à des jeux interdits, sans avoir à - honneur gardé ! - confier le tirage de ses clichés. "Elle s'expose à son op- / Érateur, elle stoppe / Arrêt image, elle m'attend / Et prend des poses en souriant..." (Bébé polaroïd, Alain Chamfort). L'art de la photographie n'a pas tardé à combler les amants passionnés : n'offrait-elle pas les preuves ineffaçables d'un bonheur qu'on pressent périssable ? Portraits et retrouvailles prirent alors place dans les alcôves pérennisant quelques instants d'intensité; d'autres photos, confidentielles, restant cachées au fond des armoires, dans le secret d'innocentes boîtes à chaussures. "Sur pellicule / On me fixe / Très relax / Classée X" (Classée X) s'enchantait Jane Birkin, qui n'a jamais manqué de photogénie. Car la photo flatte ou trahit ! Béguin, tocade, histoires de cœur ou de fesses ne riment pas avec happy end, sans pour autant échapper aux doigts de fée de la nostalgie. "Souviens-toi juste avant notre rupture / Les pieds dans l'eau à demi nus..." (24/36) déchantait France Gall. "Il ne reste plus / De nos délices / Qu'une photo en 24/36". Banalité d'un quotidien périmé.
Mais les temps ont changé. Le téléphone fait désormais office de camera. Chacun ayant la laisse de son portable au cou, de piètres émules de paparazzis traquent aujourd'hui l'inédit. On veut du trash. On se prend à bout de bras, on flashe incognito, on filme des scènes de vie, des passages à tabac, et l'on arrose la toile de ses travaux pixellisés. Quant aux amants éconduits, ils croient tirer vengeance de leur défaite en y balançant leurs photos, leurs prises de vues les plus intimes, avec la morgue du quidam qui tire le cordon de sa chasse d'eau.
C'est l'histoire d'une jolie nageuse, la meilleure d'entre toutes, qui troqua Lucas (son entraîneur de toujours) pour Luca, un bel Italien. La championne avait 19 ans, elle vivait un conte de fées. Et l'on parla de mariage, d'enfants à venir, voire même de changement de nationalité!
Tous les chemins mènent à Turin; encore faut-il en revenir. C'est donc l'histoire d'une jeune femme piégée, qu'on ne saurait néanmoins humilier, et qui en août 2008, aux Jeux Olympiques de Pékin, aura le mot de la fin. Rira bien alors qui rira... Mission accomplie, Laure Manaudou stoppera-t-elle sa carrière? Poursuivra-t-elle son étonnante quête de records? Quoiqu'elle décide, à sa bêtise, Luca Marin ajoutera la déconfiture de sa réputation.
À la question: "Où est votre petite amie?", Serge Gainsbourg répondait: "Elle est dans mon Rolleiflex/ Je le regarde perplexe/ Dois-je le foutre aux orties?" (Négative blues). Il est parfois préférable de faire table rase de ses souvenirs... Que restera-t-il de ces amours mortes quand au soir des J.O., l'or aura tout effacé? Quelques photos, pauvres photos d'une jeunesse qui sut affronter dignement l'arrogante goujaterie d'un amant vite oublié...

Baptiste Vignol

Un géant






































Mercredi dernier, 19 décembre, avec Charles Aznavour et Smaïn, nous étions bien peu pour l’accompagner au Père Lachaise.
Formidable interprète, « mime » à la voix de stentor, il chantait les chansons fantaisistes d’Aznavour, celles du jeune Claude Nougaro, plus tard Jean-Roger Caussimon et d’autres très bons auteurs dont Serge Gainsbourg. Le yéyé l’ayant balayé, il était revenu à ses premières amours, la comédie – toujours aussi talentueux.
Son retour passager dans la chanson avec
Mes universités lui avait valu des procès d’intention que moi (qui ne votais pas, comme lui !) j’ai trouvé injustes voire méprisables. Tolérance, tolérance ! Passons….
En 1953, il était la vedette de la tournée Jean Nohain où j’officiais en première partie. Les "itinéraires Nohain" étaient très zigzagants en un temps où il n’y avait pas d’autoroutes... Je voyageais dans sa voiture.
En passant par Bordeaux, ma mère lui avait recommandé son fiston, "bien pâlot" après trois ans de vache (très) enragée. Le surlendemain, je m’effondrais en coulisse. On a voulu me transporter à l’hosto : « Pas question », a dit Philippe, « après mon tour de chant, je le ramène à ses parents ! »
Dans la nuit, il a repris la route en sens inverse jusqu’à Bordeaux chez mes vieux, repartant aussitôt vers l’étape suivante de la tournée.
Du cœur, Monsieur Clay !
Ce mois de décembre, averti de sa maladie, je lui ai rendu visite chez lui à Issy-les-Moulineaux. J’ai voulu dire quelques banalités de circonstance, il m’a stoppé avec un sourire même pas triste : «Te fatigue pas, j’en ai pour très peu de temps ».
Après une courte pause, il a enchaîné sur quelques souvenirs amusants et l’entrevue s’est achevée dans les éclats de rire.
Du courage et de la pudeur, Monsieur Clay !
Chapeau et bye bye Philippe…


Marcel Amont

Monsieur Williams
L'accordéon

Hou hou je hue




















Après Star Academy, voici la nouvelle émission de real TV proposée par TF1: SARK ACADEMY. Choisissez votre futur Président parmi 20 candidats enfermés dans une réplique grandeur nature de l’Élysée. Vous allez voter et n’en retenir qu’un. Qui sera, selon vous, le meilleur président de la République pour les Français? Qui sera le plus charmeur, le plus séducteur, le plus actif? Qui communiquera le mieux, qui saura faire parler de lui, qui saura vous plaire? Si son discours vous a ému, tapez 1; s’il ne vous a pas convaincu, tapez 2. Chaque semaine, les candidats devront charmer une présentatrice télé ou une chanteuse, recevoir un dictateur avec tous les honneurs dus à son rang, essayer de vendre des armes à un pays qui ne respecte pas les droits de l’homme. Lors du prime time, celui qui réussira à faire libérer Ingrid Betancourt recevra 1 million d’euros. Dans le jury, vous retrouverez des patrons de presse et de télévision, de puissants industriels, avec, cette année, George Bush et Vladimir Poutine comme professeurs particuliers de nos brillants élèves.
Choisissez enfin un Président à la hauteur, un Président qui plaise à tous les Français, avec la SARK ACADEMY.

« La démocratie a bien des vertus, rarement celle d’engendrer la qualité. » Françoise Giroud

Vincent Baguian

Le site de Vincent Baguian

Lorsque dix ans seront passés


“À première vue, un ancien maçon afghan de 46 ans, une étudiante cambodgienne de 16 ans et un jeune libanais de 11 ans, ne semblent pas avoir grand-chose en commun. Pourtant, tous trois ont été les victimes innocentes de mines terrestres. Tous trois souffrent de blessures terribles pour le restant de leur vie. Et tous trois paient le lourd tribut de conflits auxquels ils n’ont pas participé, ayant été blessés parfois des années ou même des décennies après la fin des combats.” (Comité international de la Croix Rouge)

Plusieurs dizaines de contrées sont encore infestées de mines antipersonnel, en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud, où des centaines de millions de ces charges explosives ont été disséminées au cours des conflits qui ont ensanglanté le XXème siècle. Faut-il préciser que les mines terrestres sont les seules armes qui continuent à tuer après la fin des combats?
Malgré l’action des ONG, le carnage se prolonge. Chaque année, des milliers d’innocents sont gravement mutilés quand ils ne sont pas tués. “Je vais à la rizière, le soleil se lève sur l’horizon/ Je fredonne une chanson quand soudain…”. C’est CharlÉlie Couture qui souligne ainsi la cruauté du quotidien et rappelle l’insupportable vérité : “Entre les pierres et les roses/ Toutes les vingt minutes, une bombe explose” (Je suis miné, 2006). Nulle part l’impondérable n’est aussi barbare.
En 2006, les mines antipersonnel auraient explosé 5 750 vies. 34% des victimes sont des enfants, enfants-soldats pour nombre d’entre eux… “Déchiqu’tés aux champs de mines/ […] Pour les idées de leurs pères” (Morts les enfants) fulminait Renaud en 1985, tandis qu’Yves Duteil dénonçait le scandale de ce massacre: “Quel testament, quelle évangile/ Quelle main aveugle et imbécile/ Peut condamner tant d’innocence/ À tant de larmes et de souffrance?” (Pour les enfants du monde entier, 1987).
Le 3 décembre 1997 a été signée la Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel. Ratifié par 133 nations, cet accord international n’est entré en vigueur qu’en mars 1999. Cependant ne nions pas les progrès accomplis : cinquante-et-un pays produisaient des mines en 1999, ils ne sont plus que treize aujourd’hui, dont la Chine, l’Inde, l’Iran, la Russie et les États-Unis. Seize recourraient aux mines, ils ne sont plus que deux à l’admettre : la Birmanie et la Russie. Mais 176 millions de mines susceptibles d’être utilisées sont encore stockées dans le monde, dont 110 millions rien qu’en Chine.
Les États signataires (ils sont 156 aujourd’hui) ont assaini 6 pays, désamorçant 42 millions d’engins. Mais il en reste trois fois plus à éradiquer ! Et ce nettoyage coûte cher… La fabrication d’une mine antipersonnel vaut deux euros, mais son élimination avoisine les 200. Pour récolter des fonds et répondre aux besoins des centaines de milliers de victimes, différentes personnalités, Alpha Blondy, Lady Diana, Paul McCartney notamment, ont voulu s’engager depuis des années. En Europe francophone, la chanteuse Axelle Red, ambassadrice de l’Unicef, s’est penchée sur ce fléau (Voilà tout c’qu’on peut faire, 2002), en dédiant au plus inconscient des bourreaux une véhémente supplique : “USA enlève tes mines”; avant qu’Enzo Enzo ne raconte, sur des paroles d’Allain Leprest, l’histoire poignante d’une jeune tzigane qui, assise près d’un feu de camp, le regard plongé dans les flammes, revit son rêve brisé par le mauvais sort tandis qu’« un accord de violon picore/ La jambe qui lui danse encore/ Sur les braises et sur les brindilles ». Car elle rêvait d’être danseuse, la petite fille… Et l’interprète de conclure : « Y a pas une étoile au Bolchoï/ Qui lui arrive à la cheville/ À la p’tite fille… avec une canne » (La petite fille, 2004).
Le 10 décembre 1997, le prix Nobel de la paix était remis aux représentants de la Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel (ICBL), une formidable reconnaissance pour l’ensemble des associations impliquées - à la tête desquelles figure l'emblématique Handicap International. Dix ans plus tard, c'est aujourd'hui: la cause n’est-elle pas délaissée puisque les journaux télévisés n’ont point fait mention des deux dates anniversaires ? Si les mines tuent moins, l’aide aux survivants fait largement défaut. Des armées d’impotents, leurs rêves en berne et c’est peu dire, traversent la vie en claudiquant…

Baptiste Vignol

Fort de café

Fin novembre 2007, un journaliste demandait à Paul McCartney si l’on pouvait espérer voir paraître un best of de ses œuvres, hors périodes Wings et Beatles.
(Rappelons que Paul McCartney a enregistré sous son seul nom, depuis 1970, une douzaine d’albums originaux, dont quelques-uns furent littéralement encensés par la critique.
)
Et Macca de répondre, le plus sérieusement du monde : "Il n'y a pas encore suffisamment de bonnes chansons!"
Une modestie sur laquelle devraient méditer nombre de jeunes chanteurs français qui s’empressent de sortir leur « best of » après avoir enregistré trois ou quatre cd…

Baptiste Vignol

Pour tout savoir sur McCartney :
http://maccablog.com/