Précieux Vassiliu



Vassiliu. Nous l'avions reçu à Randan (Puy-de-Dôme), dans ce salon des livres qui plaît tant aux chanteurs parce qu'il est délicieusement campagnard (La Chanson des livres). Accompagné par sa tendre épouse, Laura, Pierre Vassiliu y avait dédicacé son autobiographie, «Qui c'est celui-là?» (Éditions n°1). Ça n'était pas la grande forme déjà, mais quelle vivacité d'esprit! Et quelles retrouvailles avec son pote Ricet Barrier!… J'avais profité de passer un peu de temps avec lui (quand, avec Ricet, ils n'étaient, vieux séducteurs malicieux, pendus aux bras de Jeanne Cherhal), pour l'interroger sur ses dix chansons préférées, celles qu'il aurait aimé écrire. Dans l'instant, il avait énuméré Que reste-t-il de nos amours?, L'Orage, Les Feuilles mortes, La Javanaise, Voisin voisine, Et si en plus y a personne, La Bohème, Comme à Ostende et La Femme chocolat. 
- Ça fait neuf, lui avais-je dit. 
- Oui, alors j'ajoute Amour, amitié. Ça n'est pas par prétention, mais je l'adore! J'aimerais bien la réécrire, quoi!, répondit-il dans un sourire.
Dans le bouquin «Le Top 100 des chansons que l'on devrait tous connaître par cœur» (éditions Carpentier) pour lequel j'avais sollicité de la sorte 275 paroliers et/ou compositeurs, on s'aperçoit que s'il était oublié des gazettes, et depuis belle lurette, Vassiliu ne l'était pas de ses consœurs et confrères puisqu'une, Amour, amitié en l'occurrence, figure dans le Top 100 des chansons préférées des chanteurs francophones. Mais l'on oubliera pas non plus Je t'attends, Pharaon, Film, Dans ma maison d'amour ou J'ai trouvé un journal dans le hall de l'aéroport. Ces pierres précieuses.


Baptiste Vignol


(Ricet Barrier, Jeanne Cherhal et Pierre Vassiliu)